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COMMUNIQUÉS du
15:09:2009
Rapport Stiglitz : le PIB et la Nature…
Une Nation moderne doit connaître ses richesses naturelles et leurs évolutions, pour être à même de bâtir les politiques adaptées aux enjeux du siècle
La Ligue ROC salue l’initiative française de rechercher de nouveaux indicateurs pour mesurer ce qui compte pour une Nation. Le rapport de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social (Stiglitz-Sen-Fitoussi) met ainsi en lumière la nécessité de mesurer le bien être ou qualité de vie et la « durabilité » des politiques conduites en s’assurant de la qualité et quantité de ce qu’elles transmettront aux générations futures.
« Si les individus doivent être remis au centre des analyses, par rapport à la précédente mesure des flux monétaires privilégiés par le PIB, il est néanmoins crucial de mesurer le patrimoine naturel d’une Nation et ses évolutions, en des termes non nécessairement monétaires, indique Emmanuel Delannoy, secrétaire général de la Ligue Roc. C’est indispensable pour comprendre nos interdépendances avec lui, ce qu’il apporte aux individus, aux sociétés, donc à leur économie. »
Nous sommes entrés dans une ère de rareté des ressources naturelles, ce qui était inéluctable dans un modèle économique :
- où la création de « richesses » se fonde sur l’exploitation « gratuite » et sans limite de la nature, la surexploitation de bien des ressources et la destruction des écosystèmes ou des services écologiques délivrés par la biodiversité ;
- où la mesure des richesses est celle des flux monétaires, quel que soit ce qui les génère, notamment s'il s'agit d'activités destructrices des écosystèmes.
Les enjeux du XXIe siècle ne sont plus du tout ceux de l’après-guerre : les représentations du réel et les outils qui permettent de les produire doivent donc être largement repensés. En effet, de nouveaux indicateurs sont plus que de nouveaux « thermomètres ». Ils désignent plus que ce qui est comptabilisé par un pays. Ils révèlent ce à quoi une société, un pays, la France attribuent de la valeur, ce à quoi ses communautés et citoyens portent attention, ils constituent tout le système d’informations qui s’échangent entre acteurs et déterminent au fond les politiques conduites.
« Si la biodiversité est désormais réellement reconnue comme un enjeu majeur, elle doit voir en 2010, année internationale pour la biodiversité, se bâtir les outils adéquats tant au niveau macro-économique que micro-économique » souligne Christophe Aubel, directeur de la Ligue Roc.
Le rapport Stiglitz souligne l’importance de nouveaux indicateurs et la nécessité d’être ainsi capable de mesurer les pressions et la variation des stocks.
La Ligue ROC ne peut que souscrire à cet objectif et souligne combien pour construire ces indicateurs un effort de connaissance et de recherche est à engager immédiatement.
Or, la connaissance de la biodiversité française reste imparfaite, voire embryonnaire : la modernisation de l’inventaire ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) lancée en 1996 reste à finaliser alors même que c’est d’un atlas de la biodiversité dans chaque commune dont nous avons aujourd’hui besoin. Si des collectivités commencent, la dynamique globale reste à lancer.
Au-delà des seuls inventaires, une meilleure connaissance des interactions entre biodiversité et activités humaines est nécessaire et des programmes de recherche sont à lancer.
Nos sociétés commencent à créer des outils pour lutter contre les dérèglements du climat, mais encore aucun pour enrayer l’érosion de la biodiversité qui hypothèque pourtant notre avenir de manière aussi cruciale que le réchauffement climatique. Il ne s’agit pas de concevoir un outil technique pour une sous-direction du Ministère de l’Ecologie et quelques spécialistes éclairés, mais un outil politique du plus haut niveau pour l’exécutif, tous les représentants du Parlement et chaque décideur.
S'agissant de la biodiversité plus encore que du climat, de nouveaux indicateurs peuvent conduire aux indispensables changements de perception.
"Lorsque les instruments de mesure sur lesquels repose l'action sont mal conçus ou mal compris, nous sommes quasiment aveugles" dit le résumé du rapport. On ne peut donc que regretter que la commission ait eu une vue faible s'agissant des écosystèmes, dernière roue du rapport, et pour lesquels il se contente de souhaiter des indicateurs physiques limités aux gaz à effet de serre. Hélas, on ne peut concevoir d'outils pertinents que si et seulement si la question à laquelle ils doivent permettre de répondre est elle-même pertinente. Dans le cas présent, le compte n'y est pas. Pas encore, du moins.
Le rapport Stiglitz ouvre des pistes salutaires, elles ne pourront être rendues efficientes que si la recherche et la connaissance en ces domaines deviennent priorités nationales pour nourrir les indicateurs. En 2010, année internationale de la biodiversité ? Chiche !
Contacts presse :
Christophe Aubel, directeur : 06 71 76 83 77
Emmanuel Delannoy, secrétaire général : 06 83 55 66 25
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