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LE BRACONNAGE

Il ne s’agit évidemment pas d’un type de chasse puisque ce vocable regroupe toutes les infractions à la réglementation. Mais cela existe donc il faut en parler, car ces infractions sont très nombreuses...


Voici deux exemples de chasse illégale :

Tourterelles et Médoc

La Tourterelle des bois fait partie des espèces d’oiseaux chassables en France, mais au printemps, elle est protégée par la directive européenne de 1979 qui interdit la chasse à cette période des oiseaux migrateurs effectuant leur retour vers leurs zones de nidification. La chasse à la tourterelle au mois de mai s’appelle donc bien du braconnage !

Invoquant la tradition, les chasseurs du Médoc ont fait perdurer cette chasse qui se pratique sur pylônes (postes fixes ou miradors) et, jusqu’en 2004, l’Etat le tolérait. Les associations de protection de la nature, dont la Ligue ROC, se sont longtemps mobilisées pour faire disparaître cette chasse illégale.

Heureusement les temps changent. Si en 1983, on dénombrait plus de 3.000 pylônes de tir, il en restait encore un peu plus de 500 en 1999 et moins de 200 en 2004. Cette année-là, la répression de l’Etat s’en accru et en novembre, deux chasseurs pris en flagrant délit de braconnage en mai 2003, ont été condamnés à verser 1.000 € d’amende et 750 € de dommages et intérêts à la LPO. Leurs permis de chasse et leurs armes leur ont été retirés. Depuis cette date, les infractions se font plus rares.

Dans son rapport « Réinventer la chasse au XXIème siècle » Monsieur Scherrer (Conseil Economique et Social) a écrit de cette chasse « La chasse au fusil de la tourterelle en mai à partir de pylônes, n’est pas véritablement traditionnelle puisque d’introduction relativement récente ». Cette pratique est en effet apparue après la seconde guerre mondiale, auparavant les tourterelles étaient capturées vivantes à l’aide d’un filet ce qui ne permettait pas autant de prises que le tir.
Quatre chasseurs du Bordelais ont été condamnés le 26 septembre 2008, par la Cour d'appel de Bordeaux à verser à la Ligue pour la protection des oiseaux, 90 euros par tourterelle des bois abattue, soit 5.040 euros. Les chasseurs avaient abattu 56 tourterelles.


Ortolans et Landes

Le Bruant ortolan est une espèce nicheuse en déclin dans tous les pays d’Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Pays-Bas…) sauf en Pologne, Bulgarie et les Pays baltes. Il est protégé par la directive européenne de 1979 visant à la préservation des oiseaux. En 1999, il est enfin inclus sur la liste des espèces protégées en France ; il a fallu 20 ans de lutte associative dont celle de la Ligue ROC pour y parvenir !

Mais la protection juridique est très largement contournée et l’ortolan est toujours victime des matoles (pièges qui permettent de capturer l’oiseau vivant).

Le 9 octobre 2007, les gendarmes ont saisi dans le congélateur d’un retraité de Laglorieuse, 119 ortolans et 980 pinsons, linottes et autres oiseaux protégés. La valeur marchande de cette prise représentait près de 20.000 €. Le braconnier risque jusqu’à six mois d’emprisonnement et 9 000 € d’amende.
En janvier 2008, la gendarmerie de la ville landaise de Mont-de-Marsan saisissait 119 bruants ortolans, 924 pinsons et linottes. Malgré les promesses formulées par le ministère de l’écologie de remédier à la situation, seuls huit procès-verbaux ont été dressés en 2008.
En 2009, la Ligue pour la Protection des Oiseaux estime que les prélèvements effectués en France par cages pièges (pour des raisons de tradition gastronomique) et pratiqués dans les Landes de la mi-août à fin septembre, sont de 30.000 voire 50.000 oiseaux selon les années, soit l’équivalent des populations nicheuses du Benelux, de l’Allemagne, du Danemark, de la Tchéquie, de l’Autriche et de la Slovaquie réunies.