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Le 11 mars 2004

Le président de la Ligue ROC, Hubert Reeves reçu à Matignon

Le Premier Ministre a reçu jeudi matin 11 mars les associations de protection de la nature pour parler de biodiversité.
Associations conviées: Les Amis de la Terre, ENF, France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, la Ligue ROC, la LPO, l’UICN, le WWF.

Voici l’essentiel du message de notre Président :

Les progrès de la science contemporaine nous ont montré jusqu'à quel point nous sommes inféodés à la nature et jusqu'à quel point nous en dépendons.
Notre avenir, notre bien-être, et même notre survie en tant qu'espèce vivante, dépendent intimement de notre comportement dans l'immense écosystème terrestre.

Aujourd'hui nous exterminons une quantité effarante d'espèces vivantes (mille fois plus qu'avant l'ère industrielle). Personne ne sait combien d'espèces disparaîtront à cause de notre action; personne ne sait si nous n'en ferons pas partie...

La protection de la biodiversité, loin d'être un frein au développement, est un moyen essentiel d‘assurer sa pérennité.
Cette attitude salutaire à toutes les espèces vivantes (y compris la nôtre...) doit avoir une traduction dans la législation, la réglementation et dans les plans d'actions qui déclineront la stratégie nationale "Biodiversité ».

Mais en pratique que faire pour diminuer la pression destructrice que nous exerçons sur la nature?
Les pistes sont nombreuses, exemples :

  • Privilégier une agriculture biologique favorisant les processus naturels au lieu de recourir à l'artifice des pesticides qui stérilisent les terre et empoisonnent les plantes et les animaux ( les abeilles par exemple...)
  • Protéger les populations de poissons des océans au lieu de chercher à mettre au point des techniques de pêche plus performantes qui condamnent à court terme la pêche, les pêcheurs et les consommateurs ( nous-mêmes..)
  • Refuser l'élevage de thons rouges en Méditerranée qui implique la capture massive de ces poissons à l'état sauvage entraînant leur élimination rapide de la Méditerranée…

Et, plus globalement :
Instaurer une protection générale et de plein droit des vertébrés : toutes les espèces d’oiseaux, de mammifères, de batraciens, de reptiles et de poissons… Cette protection signifierait interdiction de la destruction intentionnelle, de la capture, de la détention et de la commercialisation, un système dérogatoire autorisant des prélèvements pour la défense d’intérêts écologiques, économiques ou de santé publique. Ces prélèvements ne pouvant être opérés qu’à l’encontre d’espèces énumérées par arrêtés ministériels et devant tenir compte de l’état de conservation lorsqu’ils concernent des espèces indigènes, sédentaires ou migratrices.
La stratégie nationale doit décliner les mesures efficaces, celles qui ont fait leurs preuves sur le terrain en ne négligeant ni les hommes ni la nature, pour permettre la cohabitation des grands prédateurs et des troupeaux :

  • Pour le loup, un groupe de concertation travaille; nous voulons croire en sa détermination et en celle du gouvernement à éviter toute mise en place de mesures de régulation systématique visant à faire baisser la population de loups.
  • Pour l'ours, l'heure est grave et il faut rapidement lancer un plan de renforcement de l’espèce accompagné d’un soutien de l’Etat  pour la valorisation des produits d’estives par un système de subventions adapté à la sauvegarde du pastoralisme et de la biodiversité.

Notre Ligue est inquiète de ce qui se colporte à propos d'une réforme à venir de la loi de 1976 et des modifications qui interviendraient révisant la liste des espèces protégées (buse, héron, ...).
Avant toutes décisions une vraie concertation doit être permanente entre les représentants de tendances différentes; et il me semblerait d'une logique démocratique imparable que notre ligue, par ex, siège dans les mêmes structures de concertation nationale que les chasseurs...